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 Bertrand Deléon : "irrégularités, tricheries et cruauté" de l'abattage des Ibis sacrés en France

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joel16
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MessageSujet: Bertrand Deléon : "irrégularités, tricheries et cruauté" de l'abattage des Ibis sacrés en France   Mer 5 Sep - 17:55

De ornithomedia.com

L'Ibis sacré (Threskiornis aethiopicus) est une espèce originaire d'Afrique tropicale et du Moyen-Orient (sud de l'Irak). Quelques oiseaux se sont échappés du parc de Branféré (Morbihan) entre 1975 et 1987. La première reproduction en liberté s'est produite en 1991. Depuis, leur nombre n'a pas cessé d'augmenter, colonisant peu à peu la côte atlantique française dans les années 1990, et mettant en danger, selon plusieurs spécialistes, des oiseaux sensibles comme les sternes et les guifettes. En 2007, leur population était estimée à plus de 5 000 individus (dont plus de 1500 couples), contre environ 3 000 deux ans plus tôt.
Les préfectures de Loire-Atlantique, de Vendée et du Morbihan ont donc décidé en 2008 de lancer des campagnes d'éradication de l'Ibis sacré réalisées par l'Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage (ONCFS).
Nous faisons un point, quatre ans après, avec Bertrand Déléon, du Collectif pour la protection de l'Ibis sacré de Bretagne, pour qui ces abattages sont empreints de "cruauté" et sont basés sur des "irrégularités et des tricheries".
Nous remercions Alain Fossé, responsable du site www.digimages.info, pour nous avoir aidés à l'illustrer.



Bertrand Déléon, du Collectif pour la protection de l'Ibis sacré de Bretagne.

1- Avez-vous fait un bilan approximatif du nombre d'Ibis sacrés abattus depuis la mise en place des plans d'élimination de l'espèce dans l'ouest de la France ?

Bertrand Déléon : Selon les retours que nous avons eus, au moins 5000 oiseaux auraient été abattus, hors tirs de 2011 et 2012, et plus de 7000 œufs stérilisés ou détruits, notamment sur le lac de Grand-Lieu (Loire-Atlantique). Des tirs d'oiseaux adultes nicheurs en périphérie de colonies ont été menés, ce qui a entraîné la mort lente des jeunes. Les chiffres disponibles sont issus de personnes favorables à l'abattage des ibis. Ces chiffres pourraient aussi comprendre la mortalité due aux périodes de grand froid. De toute façon, tout s'est fait dans le secret et en grande partie dans l'illégalité.

2- Avez-vous une idée du coût total de ces opérations ?

Bertrand Déléon : Non, cela fait partie du mystère ...

3- Comment se comportent les ibis "survivants" (s'il y en a) ? Sont-ils devenus très craintifs ?



Les points rouges figurent les principales colonies d'Ibis sacrés dans l'ouest de la France avant les campagnes d'abattage : 1) Golfe du Morbihan, 2) Ile de Bacchus, 3) Banc de Bilho, 4) Lac de Grand-Lieu, 5) Marais de Brouage.
Zone bleue: zone d'hivernage
Carte: Ornithomedia.com d'après Hervé Michel

Bertrand Déléon : Les ibis sont devenus plus méfiants, surtout en dehors des colonies. On observe une désertion des colonies où les adultes ont été tués ou blessés, et une forte chute ou une désertion dans celles où les oeufs ont été piqués ou détruits, entraînant d'incessants mouvements de populations. On trouve donc des spécimens dispersés ça et là. A Séné, dans le sud du Morbihan, nous avons pu observer des Spatules blanches (Platalea leucorodia) suivre les survivants.

4- Des cadavres d'ibis criblés de plomb auraient été retrouvés : avez-vous des photos ? Est-ce selon vous une preuve d'un "usage excessif de la force" ?

Bertrand Déléon : Il existe des clichés pris dans le sud de la France, où ont eu lieu des opérations similaires : les ibis du zoo de Sigean (Aude) sont revenus mourir criblés de plombs dans leur dortoir. Sinon, nous avons reçu plusieurs témoignages de promeneurs qui ont retrouvé des cadavres d'ibis plombés et en décomposition.
C'est la preuve d'un "génocide" sommaire, d'une "guerre sale" soutenue par l'État et les préfectures, complices d'actes "illégaux".

5- Ces campagnes de tirs ont-elles vraiment perturbé les autres espèces ? Avez-vous des exemples ?

Bertrand Déléon : Oui ! On note une chute de la cohésion des colonies mixtes ayant fait l'objet d'une "régulation", notamment par la baisse de l'ambiance sonore. On constate une forte chute du nombre de spatules nicheuses en Loire-Atlantique depuis deux ans. Il faut aussi signaler la disparition de la plus grosse colonie mixte d'Ardéidés et de Grands Cormorans (Phalacrocorax carbo) à Govihan dans le Morbihan suite à la coupe d'arbres pour faire fuir les ibis. La colonie de Grands Cormorans de l'île de Bacchus (Loire-Atlantique) a été désertée suite aux dérangements multiples liés à la destruction des ibis.

6- Pourquoi dites-vous que, contrairement aux études du Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS), l'Ibis sacré n'est pas une espèce invasive ?



Ibis sacrés (Threskiornis aethiopicus).
Photographie : Thierry Weber

Bertrand Déléon : Des avis de spécialistes de l'espèce, y compris du CNRS, sont disponibles et publics, comme ceux de Loïc Marion, ornithologue et spécialiste des milieux aquatiques au CNRS et ancien directeur de la réserve de Grand-Lieu en Loire-Atlantique, où l'ibis s'est reproduit.
Alors pourquoi a-t-on privilégié le jugement arbitraire d'une poignée de non-spécialistes ? Des scientifiques, comme l'écologue américain M. H. Larson-Brendon, Loïc Marion, Anne Teyssèdre (écologue et médiatrice scientifique, correspondante du Muséum national d'histoire naturelle), Robert Balbault (directeur du département d'écologie et de gestion de la biodiversité du Muséum d'Histoire Naturelle de Paris), Jean-Marc Thirion (ingénieur écologue, directeur du programme Objectif Biodiversité), Abderrahmane Chemlali (professeur spécialiste marocain, président de l'Association de Protection des Cigognes Blanches et lauréat du Prix Hassan II 2006 pour l'Environnement) sont unanimes : il n'y a aucune raison d'éradiquer ni de freiner l'évolution de cette espèce. Ces travaux viennent corroborer les observations des Américains Lawrence Slobodkin, David Simberloff, des Français Jean-Claude Génot (chargé de protection de la nature dans le parc naturel régional des Vosges du Nord), de Jean-Louis Martin (Université de Montpellier), de l'équipe de Romain Julliard de l'Unité "Conservation des espèces, Restauration et Suivi des Populations" du Muséum d'Histoire Naturelle de Paris), d'Andrew Mac Dougall et de Roy Turkington de l'Université de Colombie-Britannique à Vancouver (Canada) (liste non exhaustive).
Les analyses sociologiques de Corinne Beck (professeur d'Histoire à l'université de Valenciennes-Hainaut-Cambrésis), d'Élisabeth Rémy, sociologue à l'Institut pour la Recherche Agronomique ou du zoogéographe Xavier de Planhol vont aussi dans ce sens.

7- Selon vous, quelle est l'utilité de l'Ibis sacré dans la protection des colonies de spatules ? Avez-vous des preuves, des exemples



Spatules blanches (Platalea leucorodia) adultes et juvéniles.
Photo: Alain Fossé / www.digimages.info

Bertrand Déléon : Les ibis sont taxonomiquement et éthologiquement parlant très proches des spatules, et les cris des jeunes ibis sont très voisins de ceux des spatules, ce qui concourt à créer une "ambiance sonore" importante essentielle pour les oiseaux sociaux.
Les espèces nichant en colonies mixtes sont très sensibles au niveau global du succès de la reproduction : une augmentation du taux d'échec de la nidification des Ibis sacrés (par la mort des adultes et/ou la destruction des couvées) , surtout quand ils représentent une partie importante de la colonie, ne peut que perturber la reproduction des espèces associées, notamment de la Spatule blanche. L'abandon spontané d'une colonie mixte par les ibis (globalement moins fidèle à ses sites de nidification que la spatule) entraîne également souvent le déclin de la colonie de spatules associée (une demi-douzaine de cas en Brière et sur le Lac de Grand-Lieu). Les phénomènes comportementaux impliqués sont complexes et difficiles à appréhender, et l'étude de la chronologie d'installation des différentes espèces ne suffit pas. En outre, plusieurs colonies étaient également fréquentées par des ibis en dortoir. L'élément le plus significatif à prendre en compte est la dynamique des colonies sur plusieurs années.

8- Vous rappelez que l'Ibis sacré est protégé par la convention de Berne : est-ce aussi le cas même quand une population est issue d'oiseaux échappés ?

Bertrand Déléon : La Convention de Berne n'entre pas dans le détail de l'origine des populations, mais on peut penser que les populations échappées de captivité ne sont pas concernées. Par contre, il est indéniable que l'espèce n'est pas dans une situation mondiale florissante (d'où sa prise en compte par la convention), et c'est à ce titre que le tir à grande échelle d'une population férale établie depuis plusieurs décennies peut choquer. L'espèce n'est pas considérée comme nuisible dans son aire de répartition d'origine, et l'on a du mal à comprendre pourquoi ce serait le cas en France. L'Ibis sacré semble être condamné du seul fait de son caractère exogène. Enfin, il faut rappeler que cet ibis fait partie du Paléarctique occidental (présence naturelle dans les marais du sud de l'Irak et dans le sud de la Mauritanie).

9- Même si l'Ibis sacré niche dans le Paléarctique occidental, peut-on vraiment dire que ces oiseaux font partie de l'avifaune française ? Dans ce cas, la Perruche à collier, qui niche aussi peut-être de façon naturelle aux confins du Paléarctique, fait-elle aussi partie de notre avifaune ?



La Perruche à collier (Psittacula krameri) fait-elle maintenant partie de notre avifaune ?
Photographie : Adrien Bismuth

Bertrand Déléon : Il faut comparer ce qui est comparable. La Perruche à collier (Psittacula krameri) appartient aux faunes africaine et asiatique et non à celle du Paléarctique occidental comme c'est le cas de Ibis sacré (Égypte, Irak, Mauritanie). Le risque qu'une espèce invasive pose vraiment un problème (en termes de prédation ou de compétition) est surtout présent lorsqu'elle apparaît dans un écosystème totalement différent dans lequel les espèces natives seraient désarmées face à cette espèce : c'est par exemple le cas d'oiseaux endémiques dans des îles isolées face à des mammifères introduits. Par contre, ce risque est beaucoup plus faible dans un continent, où les animaux sont parfaitement armés contre la prédation ou la compétition.
Et si l'espèce invasive fait plus ou moins partie de la même faune, le risque est encore moindre. L'avifaune européenne présente des similarités avec celles du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord, (de l'Égypte à la Mauritanie), notamment car de nombreuses espèces européennes hivernent dans ces zones, voire y nichent également.

10- Vous avez parlé d'un "rapport bidonné et non scientifique de 2005", sur lequel l'Etat se serait appuyé pour lancer la campagne d'élimination : pouvez-vous nous en dire plus et nous donner un exemple précis de "bidonnage" ?



Ibis sacré (Threskiornis aethiopicus) bagué, Le Croisic (Loire-Atlantique), septembre 2004.
Photo: Alain Fossé / www.digimages.info

Bertrand Déléon : Il s'agit d'un rapport (téléchargez-le au format PDF) de l'Institut National de la recherche Agronomique (INRA) et de l'Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage (ONCFS) datant de 2005 commandé par le Ministère de l'Écologie et du Développement Durable et certaines préfectures, dont les auteurs sont Philippe Clergeau, écologue et professeur au Muséum National d'Histoire Naturelle de Paris, de Pierre Yésou, biologiste et membre de l'ONCFS et de Céline Chadenas, géographe universitaire. Ce ne sont pas vraiment des spécialistes des Pélécaniformes, des Ciconiiformes et des Threskiorniformes.
Il faut lire entre les lignes pour déceler les "bidonnages" : ses auteurs ont réalisé un rapport à charge. Truffé de contradictions, basé sur des statistiques imaginaires (pas de comptage sérieux), il a tout de même le mérite de ne pas conclure à l'éradication de l'espèce et d'avouer que les connaissances à son sujet ne permettaient pas de prendre une décision.
Il est possible de lire nos remarques dans l'interview que nous avions accordée en 2007 à Ornithomedia.com (voir la réponse à la quatrième question de l'article Faut-il éliminer l'Ibis sacré de France ?).
Ce rapport proposait des solutions alternatives ou complémentaires à l'extermination telles que le parcage, la stérilisation ou encore le transfert en son milieu d'origine, sur les bords du Nil, d'où il a disparu. Cette vision n'est pas sans rappeler les "charters pour les ibis sans-papier", "l'univers concentrationnaire" jusqu'à la "solution finale" comme ultime recours. Non avares de contradictions, les auteurs mettent aussi en évidence les dangers d'une intervention prématurée et l'impossibilité de mettre en œuvre "une solution radicale".
Ils abordent sommairement la possibilité d'une stratégie plus "légère" et proposent de lancer des études pour faire un point sur la situation au bout de trois ou quatre ans, grâce à l'acquisition de connaissances scientifiques : n'est-ce pas là un aveu du manque d'une base rigoureuse ?
La stratégie consistant à "réguler les impacts de l'espèce dans quelques sites déterminés avec ou sans augmentation des connaissances scientifiques" avait été privilégiée.
Un certain nombre de problèmes majeurs, aux conséquences irrémédiables, avaient été énumérés, comme celui des modalités d'enlèvement des cadavres d'ibis tirés dans les colonies d'oiseaux protégés, des éliminations d'ibis adultes au sein de colonies d'espèces protégées ou de la difficulté de ne pas effrayer tous les oiseaux.
L'Ibis sacré fait partie de la liste des oiseaux de France, où il a été classé dans la catégorie "C" (espèces introduites ou échappées de captivité en France métropolitaine depuis plusieurs années) : est-il donc vraiment en situation "irrégulière" ?

11- Vous expliquez que les arrêtés préfectoraux de destruction de l'Ibis sacré en Loire-Atlantique et en Morbihan ont été pris hors décision ministérielle : sont-ils donc illégaux ? L'État pourrait-il être mis en cause ?



Ibis sacré (Threskiornis aethiopicus) juvénile et Aigrettes garzettes (Egretta garzetta), Le Pouliguen (Loire-Atlantique), septembre 2005.
Photo: Alain Fossé / www.digimages.info

Bertrand Déléon : Le rapport de l'INRA est un rapport "à charge" par principe, considérant que toute espèce étrangère n'a pas droit de cité et est donc par définition à éliminer, quand bien même il n'y aurait aucun élément tangible concernant son impact sur la prédation d'espèces protégées (ce que les auteurs reconnaissaient eux-mêmes). Cette absence d'éléments avait d'ailleurs incité la DIREN (Direction Régionale de l'Environnement) des Pays de la Loire à demander à ce que ce rapport ne soit pas diffusé, ce que l'INRA n'a pas respecté en le mettant en ligne. Par ailleurs, pour qu'un préfet puisse lancer des opérations de destruction d'une espèce invasive dans un département, il faut qu'elle ait préalablement été inscrite dans une liste par décret ministériel. Or les préfets du Morbihan et de Loire-Atlantique, et l'ONCFS, pourtant chargés d'appliquer la loi, sont passés outre : l'Ibis sacré n'était pas mentionné dans cette liste lorsque les tirs ont commencé en 2008. La déléguée régionale de l'ONCFS l'avait d'ailleurs elle-même reconnu suite au recours que nous avions déposé auprès du tribunal administratif, malheureusement classé pour une question de forme. Enfin, il faut noter que des campagnes de tirs et des captures se sont poursuivies au-delà des arrêtés préfectoraux, et les témoins sont nombreux.

12- Vous évoquez "une poignée d'individus" (étudiants, chercheur au CNRS, ancien directeur de la réserve de Grand-Lieu, membres de la SEPNB) à l'origine d'une supercherie pour accuser les ibis, à savoir l'utilisation d'une photo d'une colonie de sternes qui aurait été dévastée non pas par des ibis mais par un renard : pouvez-vous nous en dire plus ? Avez-vous des preuves ?



Sternes caugek (Thalasseus sandvicensis) adules et juvéniles, Banc d'Arguin (Gironde), juillet 2006.
Photographie : Alain Fossé / www.digimages.info

Bertrand Déléon : Oui, nous disposons du témoignage d'une personne qui souhaite rester anonyme et qui a suivi ce "faux événement".
Par ailleurs, un chercheur au CNRS, ancien directeur de la réserve de Grand-Lieu, n'a pas participé à cette désinformation puisqu'il a lui-même dénoncé le procès fait à l'Ibis sacré qui était basé sur des faits largement discutables et disproportionnés par rapport à l'impact réel de cet oiseau qui n'a jamais menacé la moindre espèce en France ni ailleurs dans le monde.
Voici l'extrait d'un rapport du CNRS en 2006 qui renforçait la thèse d'une supercherie :
"le seul cas important et très médiatisé de prédation est celui de la réserve des marais de Müllembourg à Noirmoutier (Vendée), où deux ibis ont été accusés d'avoir pillé le 9 juillet 2004 la totalité des œufs d'une colonie de Sternes caugek (...). Mais ce qui n'a pas été dit ni dans la presse, ni dans la revue Ornithos ni dans le rapport de l'INRA, c'est qu'un renard avait anéanti 204 nichées proches de l'envol un mois auparavant. La colonie de sternes, traumatisée, n'avait été réoccupée que par 30 couples (pontes tardives ou de remplacement ?). Ce sont ces pontes tardives, au succès final probablement très hypothétique, que les ibis ont prélevées. Ces pontes étaient par ailleurs étrangement dispersées sur les photos diffusées, et rien n'indique qu'un renard ou qu'un chien (fréquents dans cette réserve) n'étaient pas venus perturber la colonie la nuit précédente.



Guifette moustac (Chlidonias hybridus).
Photographie : Alain Fossé / www.digimages.info

Aucun cas de prédation par l'Ibis sacré sur les sternes n'avait jamais été observé pendant les douze années précédentes ... L'ingestion de quelques poussins de Guifettes moustacs (Chlidonias hybridus) relatée sur le lac de Grand-Lieu met-elle cette espèce en danger ? En réalité, la population de cette guifette est apparue sur ce site après celle de l'ibis, et elle a ensuite véritablement explosé pour atteindre plus de 1400 couples en 2006, soit la moitié de la population française. Les accidents climatiques, comme la tempête de mai 2006, peuvent anéantir la totalité des nids, ce qui représente un facteur autrement plus sérieux que l'Ibis. Et ces accidents ont en outre très peu de conséquences sur la reproduction finale, les guifettes étant habituées à surmonter ces échecs. L'ibis ne fréquente d'ailleurs guère ces colonies sur le lac. La population de Guifettes noires (Chlidonias niger) est elle aussi réapparue après celle de l'ibis grâce à l'augmentation du niveau d'eau sur les prairies, et elle a atteint ses records historiques entre 2003 et 2005. L'ibis ne met donc nullement en danger les populations de guifettes.
Dans le marais de la Grande Brière (Loire-Atlantique), où les populations de guifettes baissent depuis 2002, les pics de la population des ibis correspondaient même à ceux de celles-ci. Elles sont en réalité plus sensibles aux facteurs du milieu, notamment à un niveau d'inondation suffisant des prairies d'eau, ce qui n'est plus le cas sur le secteur depuis 2002.
L'ibis est donc en réalité un bouc émissaire de la situation souvent dramatique des zones humides".

13- Le Collectif pour la Protection de l'Ibis de Bretagne est-il toujours actif ? Quelles sont vos dernières actions ?

Bertrand Déléon : Ce sont des actions en justice (recours gracieux, requête en référé, recours en annulation…) et de médiatisation d'une injustice qui ne peut qu'en appeler d'autres. Concernant la partie juridique, comme nous l'attendions, la requête présentée le 6 juillet 2010 face au Tribunal Administratif de Rennes (Ille-et-Vilaine) n'a pas été retenue sur la forme mais il apparaissait clairement que nous aurions pu l'emporter sur le fond. Les décisions préfectorales sont apparues comme tout à fait illégales selon les termes du rapporteur public [...]. Le délai de la déclaration du collectif en tant qu'association loi 1901 au Journal Officiel ne nous permettait pas d'agir dans les temps : j'avais donc attaqué seul l'arrêté pour qu'au moins l'affaire soit abordée. Par la suite, nos démarches ont été confrontées aux circonvolutions des magistrats et à la complexité administrative. Mais nous n'irons pas jusqu'à affirmer que l'État a toujours raison quelle que soit la grosseur de la ficelle ...

14- Avez-vous été reçus par les organismes publics pour pouvoir présenter vos arguments ?

Bertrand Déléon : Nous avons été reçus deux fois en préfecture au début de nos interventions. Le premier échange avec le Préfet du Morbihan avait permis l'arrêt temporaire des opérations d'extermination. Nous n'avons ensuite plus été écoutés, la place étant laissée à la "propagande officielle", largement relayée dans certains médias. Grâce à des étudiants dans diverses filières (cinéma, biologie …) et une presse d'investigation minoritaire nous avons pu toutefois informer l'opinion publique. Mais nous sommes envahis par l'information officielle émanant du Ministère et des préfectures, et il est difficile de faire entendre un autre son de cloche.

15- Que comptez-vous faire prochainement ? Y a-t-il une chance de stopper les campagnes de tirs ?

Bertrand Déléon : Dans le contexte sociétal actuel, nous n'attendons pas d'indignation générale mais nous obtiendrons justice. En espérant que ce ne soit pas trop tard. Nous allons poursuivre nos actions d'information et nos démarches en justice. Si l'État est capable d'ordonner la destruction d'une espèce en cédant simplement aux allégations non démontrées d'une infime poignée d'individus et d'écarter des spécialistes du débat pour maintenir ses choix, cela finira par se savoir, ainsi que les motivations non avouables qui ont motivé ses orientations.

Contact

Bertrand Déléon : ibisdebretagne@orange.fr

Source : http://www.ornithomedia.com/magazine/mag_art597_2.htm
http://www.ornithomedia.com/magazine/mag_art597_1.htm

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